Choisir ses chaussures de randonnée pour faire le pèlerinage de Compostelle

Chaussures de randonnée

Notre avis :
Les vieilles idées ont la vie dure (porter des chaussures hautes, en cuir bien épais, ça ce sont de vraies chaussures de grande randonnée au moins ! ). Certes, la meilleure paire de chaussures est celle dans laquelle vous aurez l'impression d'être dans des pantoufles, et pourquoi pas dans des hautes si vous en portez depuis des années.
Éliminons aussi les circonstances exceptionnelles de ceux qui partent "hors saison", et marchent une bonne partie du parcours dans la neige, ça n'est quand même pas la majorité des pèlerins.
Une fois cela dit, si vous n'avez pas encore de chaussures de randonnée, ET, que vous n'avez aucun problème du style ancienne entorse, ou que vous êtes fragile du côté des chevilles (il vous arrive souvent de vous tordre la cheville pour un rien avec vos chaussures "normales") ou d'autres soucis du genre, alors prenez une paire de chaussures basses (centre de la photo), on va vous expliquer pourquoi dans cet article.

Mais prenez également une paire de sandales de randonnée (à gauche sur la photo). En effet, il faudra de toute façon vous délasser un peu les pieds le soir une fois arrivé à l'étape. Mais vous ferez d'une pierre deux coups ! Cette paire de sandales vous servira aussi la journée, quand vous serez sur des chemins peu accidentés ( bitume, calcaire concassé, terre tassée ...), et même si ça monte, car ce qu'il faut regarder, c'est sur quel type de terrain vous marchez. Ces chemins sont majoritaires avant d'arriver à Saint-Jacques de Compostelle, aussi bien en France qu'en Espagne. Les chemins de randonnée que vous emprunterez pour aller à Compostelle ne sont pas des chemins de montagne avec des pierres partout ou des nids de poules. On détaille cela un eu plus bas dans cet article.
Avec des sandales, adieu les ampoules... enfin, en principe, sauf chez certain(e)s, nous y reviendrons, et on vous en parle dans l'article consacré aux ampoules sur les chemins de Compostelle.
Sachez que nombre de pèlerins aguerris ne portent plus que des sandales de ce type, et pour tout le pèlerinage ! (il en existe avec l'extrémité fermée, et même si cela peut être un choix alternatif, ça n'est déjà plus vraiment des sandales.)

On nous a parfois reproché de rester trop vague et finalement, de laisser le lecteur un peu seul face à ses choix, et de ne pas donner un véritable conseil. Nous ne le ferons pas pour les chaussures basses qui doivent absolument être essayées comme nous le décrivons dans la suite de cet article.

Cependant, et sauf exceptions déjà décrites plus haut, choisissez le modèle "basses". Deuxième conseil, prenez de vraies chaussures de randonnée parmi les quelques marques qui ont fait leurs preuves...( Columbia, Lowa, Tecnica, Merell, Meindl, Newport, Asolo, Salomon....(liste non exhaustive, mais celles-là offrent déjà un choix suffisant).

Par contre, pour les sandales, c'est plus simple et nous avons choisi des valeurs sûres avec lesquelles vous ne serez pas déçu(e). La qualité et le confort ont un prix. Nous avons sélectionné 3 sandales ouvertes et une légèrement fermée :

     

Mise en garde

Il faut tout de même être attentif à l'environnement. On ne porte pas des sandales sur n'importe quel terrain. En dehors du risque d'entorse sur des terrains accidentés, à certains endroits, principalement dans les forêts ou les hautes herbes et de mai à octobre pour la période où l'on est le plus exposé, quand la température se situe entre 10 et 25 degrés, il y a le risque d'être piqué (en fait, on dit mordu) par une tique.

Ça ne serait pas très grave, sauf que la tique est porteuse de la bactérie (Borrelia) pouvant déclencher la maladie de Lyme. Chaque année, plusieurs milliers de cas sont signalés en France.

Alors certes, ça n'est "que" 84 cas pour 100 000 habitants. Mais comme ça n'arrive pas qu'aux autres... soyez vigilant(e)s.

Plus d'informations sur le site santé publique France et sur citique.fr

Pour en savoir plus et choisir ses chaussures de randonnée pour faire Compostelle :

Le choix est avant tout une affaire personnelle et aussi d'époque de départ. En France, sur les GR, et par exemple sur le GR65, voie du Puy-en-Velay, même s'il y a quelques grimpettes mémorables, le terrain est rarement accidenté au point de réclamer des chaussures de haute montagne. Alors certains parlerons de passages "boueux" par temps de forte pluie. Ce n'est pas faux ! Sauf que Compostelle, c'est 800, 1600... kilomètres ? 33 jours, 70 jours ? - Donc vous aurez 70 jours de pluie et 800 km de chemin boueux ? Voulez-vous faire un choix de chaussures pour faire face à l'exceptionnel en regard de l'ensemble du parcours ? Et ainsi être dans un inconfort de marche le reste du temps ? - En France ou en Espagne, comme sur le camino Frances par exemple, il y a 70% de chemins "plats" (même quand ça monte) cela peut être du calcaire concassé ou de la terre battue , quelques très rares chemins très pierreux et au moins 20% d'asphalte… Le Chemin du nord (le Camino del norte ) est du même genre, et bien sûr quelques étapes avec des montées. Mais en aucun cas cela peut s'apparenter à de la haute montagne. Ce sont des chemins "aménagés". On ne marche pas au milieu des pierres, ou d'un terrain très accidenté comme l'on peut en trouver quand on part en montagne hors des sentiers battus !

Bien sûr, il y a forcément quelques passages difficiles (la montée à la sortie de Conques par exemple, mais c'est juste un chemin de terre qui monte en lacets), ceux pierreux comme dans la montée (et surtout la descente) del Alto del Pardon après Cizur-Minor sur le Camino Frances (mais la descente dans ce qui ressemble à un ancien lit de torrent, ne fait, finalement que quelques centaines de mètres). Quelques chemins de terre comme dans la montée vers O Cebreiro. Sauf sérieux problèmes de chevilles, il semble donc inutile de prendre des chaussures montantes (et même demi-montantes, la troisième sur la photo en début d'article) vu qu'elles sont à la fois plus lourdes, moins confortables et plus difficiles à supporter sur du plat que des chaussures basses qui laissent la cheville libre.

Plusieurs milliers de pèlerins (et plusieurs millions de randonneurs à travers le monde) utilisent aujourd'hui des chaussures basses et n'ont aucun problème - D'un autre côté, il faut compter avec éventuellement la pluie et la boue à certains mois. Mais au final, ça n'est pas une chaussure demi-montante qui vous protègera de la pluie...En tout cas de l'humidité. Si vous êtes très inquiet(e), vous pouvez à la rigueur prendre des guêtres ? (prenez dans ce cas celles avec un fil d'acier qui passe sous la chaussure).

Bien sûr, en cas de terrain très boueux, une chaussure mi-montante est un peu plus "rassurante"...

Depuis des décennies, des pèlerins utilisent par milliers ces fameuses chaussures mi-montantes. D'ailleurs, ils ont souvent été conseillés par des vendeurs qui n'ont pas voulu prendre le risque de déroger à la traditionnelle chaussure de grande randonnée... et puis, une telle paire de chaussures, ça fait sérieux ! Mais faut-il continuer à suivre "la troupe" ?

Il existe aujourd'hui d'excellentes chaussures de rando/trek basses que des randonneurs chevronnés ont largement éprouvées lors de leur pèlerinage sur plusieurs milliers de kilomètres vers Saint-Jacques de Compostelle (ou sur d'autres grands chemins de randonnée).

Faut-il, pour quelques passages difficiles ici ou là, prendre des chaussures mi-montantes, qui rappelons-le encore, sont moins confortables sur du plat que des chaussures basses, plus lourdes, et qui, sans parler du risque accru d'avoir des ampoules, (les pieds chauffent un peu plus) vont gêner votre confort de marche le reste du temps ? Et souvent, à cause d'un mauvais laçage, finira en tendinite pour certains. Voir à ce sujet notre article la tendinite quand on fait Compostelle

Sachez enfin, qu'il n'y a pas de bon ou mauvais type de chaussures au niveau du modèle, on peut très bien être à l'aise dans des chaussures mi-montantes, c'est avant tout une affaire de goût et de confort personnel...

Quel que soit le type que vous choisirez, essayez-les absolument avec les chaussettes que vous emporterez lors du pèlerinage.

Le couple chaussettes/chaussures est souvent la clé d'une tranquillité côté bobos genre ampoules... ça ne les empêche pas forcément, mais ça retire une cause possible…Et puis, vous risquez d'avoir des surprises au niveau confort si vous les avez essayées avec d'autres types de chaussettes... le pied peut bouger davantage, ou moins.

Pour choisir les bonnes chaussettes, lisez notre article sur soigner les ampoules aux pieds lors du pèlerinage de Compostellle.

Si possible, essayez vos chaussures en fin de journée ou après une marche d'environ 45 min. il faut toujours prendre une pointure au-dessus (certaines marques proposent même des tailles 3/4 du style 42 3/4, ou 43 3/4, donc proche du 44) ça permet d'affiner encore mieux votre pointure si vous sentez que le 43 est trop petit et le 44 vraiment trop grand...(c'est rare, mais cela arrive...). Le pied gonfle pas mal après 20 ou 25 km... d'où l'intérêt de les essayer immédiatement après avoir marché un bon moment...

Pour aller plus loin, lisez un comparatif sur cet article du site Randonner Léger.

Choisir son matériel pour partir sur les chemins de Compostelle est sans cesse un compromis. Vous n'avez droit qu'à une paire de chaussures...(et éventuellement une paire de sandales).
Si votre budget est limité, c'est dans les chaussures (et les chaussettes) que vous devrez investir le plus.

semelles

Certains ont hésité, et n'ont pas voulu dépenser plus de 35 euros. Voici ce que cela peut donner après quelques centaines de kilomètres. Où est l'économie, si vous devez racheter une paire de chaussures après seulement 350 km ?...(sans compter qu'il faudra trouver LE magasin de chaussures...).

Pour terminer, et comme nous l'avons largement développé, certains marcheurs (rarement des débutants) sont des inconditionnels des sandales ( avec ou sans un protège pierres à l'avant...). Si vous vous lancez dans l'expérience, et que vous ne mettez pas de chaussettes (ce qui semble logique), prévoyez alors de la crème réparatrice pieds très secs de Scholl, car la peau des talons sèche rapidement au fil des jours et vous risquez de voir apparaître des crevasses...

Au sujet des sandales, lire l'excellent témoignage de Radio  Camino qui a fait plus de 3000 km avec !