Choisir ses chaussures de randonnée pour faire le pèlerinage de Compostelle

Chaussures de randonnée

Résumé de l'article : quelles chaussures pour faire Compostelle ?

Pour choisir ses chaussures de randonnée pour Compostelle, mieux vaut privilégier des chaussures basses (une pointure au-dessus), plutôt que des chaussures montantes ou mi-montantes : la majorité des chemins vers Saint-Jacques-de-Compostelle (Camino Francés, Camino del Norte, GR65...) sont aménagés et rarement accidentés, ce qui rend les modèles bas plus confortables et moins fatigants sur la durée. Complétez votre équipement avec une paire de sandales de randonnée, utiles le soir à l'étape comme en journée sur les portions de chemin faciles, et efficaces pour limiter le risque d'ampoules.

Quelques passages plus techniques (montée de Conques, Alto del Perdón, O Cebreiro) peuvent faire hésiter pour des chaussures mi-montantes, mais celles-ci exposent davantage aux tendinites en cas de mauvais laçage des chaussures de randonnée. Le choix des chaussettes de randonnée compte tout autant que celui des chaussures : optez pour un modèle fin, respirant et bien ajusté, essayé en conditions réelles avant le départ.

En résumé : chaussures basses pour marcher, sandales pour le confort du soir, bon laçage et bonnes chaussettes pour éviter ampoules et tendinites — l'essentiel pour bien préparer ses pieds au pèlerinage de Compostelle.

Notre avis :
Les vieilles idées ont la vie dure : porter des chaussures hautes, en cuir bien épais, voilà, pour beaucoup, à quoi doit ressembler « une vraie chaussure de grande randonnée » ! Certes, la meilleure paire est celle dans laquelle vous aurez l'impression d'être en pantoufles, et pourquoi pas des hautes si vous en portez depuis des années.
Mettons aussi de côté les cas particuliers. Soit ceux qui ont des problèmes physiques (antécédents d'entorse etc.), ou ceux qui partent hors saison et marchent une bonne partie du parcours dans la neige : ils restent minoritaires parmi les pèlerins.
On ne peut pas envisager tous les cas de figure : c'est donc à vous de faire votre choix en fonction du parcours retenu, de la période, etc. Cela dit, si vous n'avez pas encore de chaussures de randonnée et que vous n'avez aucun problème particulier (ancienne entorse, chevilles fragiles qui se tordent facilement même avec des chaussures « normales », ou autres soucis du même type), voici notre conseil :

Prenez une paire de chaussures basses (au centre de la photo — ce sont des chaussures de randonnée, pas de trail, de trek ou d'une autre discipline de course). Nous vous expliquons pourquoi dans la suite de cet article, ainsi que dans celui consacré aux ampoules (lien ci-dessous). Faites une bonne demi-heure de marche avant de les essayer, afin que votre pied ait commencé à gonfler un peu.

Les ampoules sur les chemins de Compostelle

Mais prenez également une paire de sandales de randonnée (à gauche sur la photo). Vous aurez de toute façon besoin de délasser vos pieds le soir, une fois arrivé à l'étape : autant faire d'une pierre deux coups ! Ces sandales vous serviront aussi en journée, sur les chemins peu accidentés (bitume, calcaire concassé, terre tassée...), même quand ça monte, car ce qui compte, c'est avant tout le type de terrain. Ces chemins sont majoritaires sur la route de Saint-Jacques-de-Compostelle, aussi bien en France qu'en Espagne : contrairement à des chemins de montagne, ils sont aménagés, sans pierres ni nids-de-poule partout. Nous y revenons plus bas dans cet article.
Avec des sandales, adieu les ampoules... en principe, car certain(e)s en font tout de même, comme nous l'expliquons dans notre article sur les ampoules sur les chemins de Compostelle. Sachez d'ailleurs que nombre de pèlerins aguerris ne portent plus que ce type de sandales, et ce, pour tout le pèlerinage ! (Il en existe avec l'extrémité fermée ; c'est une alternative possible, mais ce ne sont déjà plus vraiment des sandales.)

Bien sûr, tout dépendra aussi du mois de départ. S'il fait froid, les sandales ne seront pas forcément le meilleur choix pour marcher (quoique cela dépende aussi de votre habitude), mais leur achat reste utile dans tous les cas, ne serait-ce que pour se délasser les pieds en fin de journée.

On nous a parfois reproché de rester trop vagues, de laisser le lecteur seul face à ses choix sans donner de véritable conseil. Ce ne sera pas le cas ici. Pour les chaussures basses, essayez-les absolument selon la méthode décrite plus loin dans cet article.

Choisissez donc le modèle « basses », sauf dans les cas particuliers évoqués plus haut. Second conseil : optez pour de vraies chaussures de randonnée, parmi les marques qui ont fait leurs preuves — Columbia, Lowa, Tecnica, Merrell, Meindl, Newport, Asolo, Salomon... (liste non exhaustive, mais qui offre déjà un choix suffisant).

Pour les sandales, c'est plus simple : nous avons sélectionné des valeurs sûres qui ne vous décevront pas. La qualité et le confort ont un prix. Voici 4 modèles ouverts et un légèrement fermé (l'offre varie d'une année sur l'autre, mais le principe reste le même) :

sandales Merrell pour Compostelle
Merrell
sandales Merrell2 pour Compostelle
Merrell modèle 2
sandales Columbia pour Compostelle
Columbia
sandales Columbia2 pour Compostelle
Columbia modèle 2
sandales Keen pour Compostelle
Keen

Mise en garde

Restez tout de même attentif à l'environnement : on ne porte pas de sandales sur n'importe quel terrain. Outre le risque d'entorse sur un sol accidenté, certains endroits — principalement les forêts et les hautes herbes, de mai à octobre, quand la température se situe entre 10 et 25 degrés — exposent au risque d'être piqué (en réalité, mordu) par une tique.

Ce ne serait pas très grave si la tique n'était pas porteuse de la bactérie Borrelia, responsable de la maladie de Lyme. Chaque année, plusieurs milliers de cas sont recensés en France.

Dans sa newsletter spéciale été d'août 2023, le magazine « Que Choisir » évoque l'émergence possible d'une autre maladie transmise par les tiques, favorisée par la hausse des températures : la fièvre hémorragique de Crimée-Congo. Aucun cas n'a été recensé en France à ce jour, mais quelques-uns ont été diagnostiqués en Espagne depuis 2010 et en Turquie depuis 2002. Le risque reste toutefois très faible.

En dehors de ces zones à risque, aucun souci : vous pouvez porter des sandales, vos pieds vous diront merci.

Certes, la maladie de Lyme ne touche « que » 84 personnes sur 100 000. Mais comme cela n'arrive pas qu'aux autres, restez vigilant(e).

Plus d'informations sur le site Santé publique France et sur citique.fr.

Pour en savoir plus et choisir ses chaussures de randonnée pour faire Compostelle :

Comme nous le disions en début d'article, le choix est avant tout une affaire personnelle, qui dépend aussi de la période de départ. En France, sur les GR — par exemple le GR65, la voie du Puy-en-Velay — le terrain, malgré quelques grimpettes mémorables, est rarement assez accidenté pour justifier des chaussures de haute montagne. Certains évoqueront des passages boueux par forte pluie, et ce n'est pas faux. Mais Compostelle, c'est 800 ou 1600 kilomètres, 33 ou 70 jours de marche : aurez-vous vraiment 70 jours de pluie et 800 km de chemin boueux ? Peu probable. Faut-il choisir ses chaussures pour affronter l'exception, au prix d'un inconfort le reste du temps ?
En France comme en Espagne, sur le Camino Francés par exemple, environ 70 % des chemins sont « plats » (même quand ça monte) — calcaire concassé ou terre battue —, avec de rares passages très pierreux et au moins 20 % d'asphalte. Le Camino del Norte est du même type, avec quelques étapes plus montantes. Mais on reste loin de la haute montagne : ce sont des chemins aménagés, non des terrains accidentés comme on en trouve hors des sentiers battus en montagne.

Il existe bien sûr quelques passages plus difficiles : la montée à la sortie de Conques (un simple chemin de terre en lacets), les passages pierreux de la montée — et surtout de la descente — de l'Alto del Perdón après Cizur Menor sur le Camino Francés (mais cette descente, dans un ancien lit de torrent, ne dure que quelques centaines de mètres), ou encore la montée vers O Cebreiro. Sauf problème sérieux de chevilles, il semble donc inutile d'opter pour des chaussures montantes ou demi-montantes (la troisième paire sur la photo en début d'article) : plus lourdes et moins confortables sur le plat, elles laissent moins de liberté de mouvement à la cheville que des chaussures basses.

Plusieurs milliers de pèlerins, et plusieurs millions de randonneurs à travers le monde, marchent aujourd'hui en chaussures basses sans aucun problème. Reste la question de la pluie et de la boue à certaines périodes : mais une chaussure demi-montante ne vous en protégera pas davantage, en tout cas pas de l'humidité. Si vous êtes inquiet(e), vous pouvez éventuellement opter pour des guêtres (choisissez alors un modèle avec un fil d'acier qui passe sous la chaussure). Il est vrai que sur un terrain très boueux, une chaussure mi-montante peut sembler un peu plus rassurante.

Depuis des décennies, des pèlerins utilisent par milliers ces chaussures mi-montantes, souvent conseillées par des vendeurs peu enclins à s'écarter de l'image traditionnelle de la « chaussure de grande randonnée »... et il faut dire qu'une telle paire fait sérieux ! Mais faut-il pour autant continuer à suivre la tradition ? Il existe aujourd'hui d'excellentes chaussures de randonnée basses, largement éprouvées par des marcheurs chevronnés sur plusieurs milliers de kilomètres, vers Compostelle comme sur d'autres grands chemins.

Faut-il, pour quelques passages difficiles, choisir des chaussures mi-montantes moins confortables sur le plat, plus lourdes, plus propices aux ampoules (les pieds chauffent davantage), et qui gêneront votre confort le reste du temps ? Un mauvais laçage (voir plus bas) finit d'ailleurs souvent en tendinite. Voir à ce sujet notre article la tendinite quand on fait Compostelle.

Sachez enfin qu'il n'existe pas de bon ou de mauvais modèle dans l'absolu : on peut très bien être à l'aise en chaussures mi-montantes. C'est avant tout une question de goût et de confort personnel.

Laçage des chaussures mi-montantes

Le problème des chaussures mi-montantes (à droite sur la photo en début d'article), c'est que l'on a tendance à trop serrer les lacets au niveau du coup de pied, ce qui bloque le mouvement du tibia par rapport à la cheville pendant la marche — et c'est la tendinite assurée, au talon d'Achille ou sur le devant du tibia.
Si vous souhaitez tout de même porter ce type de chaussures, par exemple parce qu'elles vous rassurent, adoptez un laçage particulier :

Une fois les lacets passés, il vous reste deux trous (ou crochets) en haut de la chaussure. Au lieu de continuer au trou suivant, partez directement au dernier, puis redescendez faire votre boucle au niveau du deuxième trou. Cela libère le coup de pied. Vous pouvez même incliner légèrement le tibia vers l'avant avant de serrer la boucle : ce n'en sera que mieux !

Laçage Chaussures de randonnée, plan 1
 
Laçage Chaussures de randonnée, plan 2
 
Laçage Chaussures de randonnée, plan 3
Crédit Photo : Les Chemins Vers Compostelle
Laçage des chaussures basses

Peu de personnes connaissent l'utilité des deux derniers trous sur votre chaussure basse de randonnée. Comme vous le verrez sur les images, ces trous contribuent à un laçage plus efficace. Ils ramènent les petites languettes sur le cou-de-pied, ce qui assure un meilleur maintien.

Laçage Chaussures de randonnée, plan 1
 
Laçage Chaussures de randonnée, plan 2
 
Laçage Chaussures de randonnée, plan 3
Crédit Photo : Les Chemins Vers Compostelle

Quel que soit le modèle choisi, essayez-le absolument avec les chaussettes que vous emporterez pour le pèlerinage. Le couple chaussettes/chaussures est souvent la clé pour éviter les bobos comme les ampoules — cela ne les empêche pas totalement, mais retire une cause possible. Et vous pourriez avoir de mauvaises surprises en matière de confort si vous les avez essayées avec d'autres chaussettes : le pied peut bouger davantage, ou moins, selon le modèle.

Pour choisir les bonnes chaussettes, lisez notre article soigner les ampoules aux pieds lors du pèlerinage de Compostelle. En voici un aperçu :

Nous vous conseillons les excellentes chaussettes fines, modèle Expert Trekking Light de la marque Monnet, recommandées par les guides de Chamonix, ce qui n'est pas rien ! Ergonomie pied gauche/pied droit avec renforts ciblés, système Coolmax pour le transfert de l'humidité et la respirabilité, propriétés anti-ampoules et anti-friction, et séchage rapide — un atout important sur Compostelle. Après les avoir testées sur plusieurs centaines de kilomètres, je peux confirmer qu'elles sont vraiment excellentes, avec une très bonne résistance dans la durée : à part un début d'usure sur le devant du gros orteil après six ans et plus d'un millier de kilomètres, je les utilise encore, quand d'autres paires sont à la poubelle depuis longtemps (élastique relâché, usure...). Il suffit d'ailleurs de lire les avis sur Amazon pour s'en convaincre.

Nous n'avons aucun partenariat avec cette marque ou d'autres

chaussettes pour compostelle

Crédit Photo : Les Chemins Vers Compostelle

Si vous avez un pied fort et que vous prenez habituellement une taille au-dessus pour vos chaussettes, faites de même ici. Ces chaussettes taillent réellement à la pointure indiquée, contrairement aux chaussettes « de ville », dont la taille couvre généralement une plage large (« du 40 au 43 »). Prenez une taille au-dessus uniquement dans ce cas précis : l'intérêt de ce modèle est justement d'envelopper le pied au plus près, comme une seconde peau, pour réduire les frottements et donc le risque d'ampoules.

Sur ce point, méfiez-vous des étiquettes des autres marques : une mauvaise paire, et l'ampoule est assurée. Choisissez des chaussettes pour temps chaud, puisque vous ne partez pas aux sports d'hiver (sauf si vous marchez entre novembre et mars). Au sein d'une même marque, tous les modèles ne se valent pas non plus : face à la multitude de références, nous préférons vous recommander un modèle précis, éprouvé et fiable.

Essayez si possible vos chaussures en fin de journée, ou après une marche d'environ 45 minutes. Prenez toujours une pointure au-dessus (certaines marques proposent même des demi-tailles, type 42¾ ou 43¾, proches du 44 sans l'atteindre) : cela permet d'affiner votre choix si le 43 est trop petit et le 44 trop grand — un cas rare, mais qui arrive. Le pied gonfle sensiblement après 20 à 25 km de marche, d'où l'intérêt de l'essayer juste après un effort prolongé.

Pour aller plus loin, lisez le comparatif « La rando en chaussures de trail » sur le site Randonner Léger.

Choisir son matériel pour Compostelle est toujours affaire de compromis. Vous n'aurez qu'une seule paire de chaussures principale (et éventuellement une paire de sandales) : si votre budget est limité, c'est donc là, avec les chaussettes, qu'il faut investir en priorité.

semelles

Certains ont hésité à dépenser plus de 35 euros. Voici ce que cela peut donner après 200 kilomètres : où est l'économie si vous devez racheter une paire de chaussures après seulement 200 ou 300 km, sans même être sûr de trouver le bon magasin en chemin ?

Pour terminer, certains marcheurs — rarement des débutants — restent des inconditionnels des sandales, avec ou sans protège-pierres à l'avant. Si vous tentez l'expérience sans chaussettes, ce qui semble logique, prévoyez une crème réparatrice pour pieds très secs (type Scholl) : la peau des talons sèche vite au fil des jours et des crevasses peuvent apparaître.

Au sujet des sandales, lisez l'excellent témoignage de Radio Camino, qui a parcouru plus de 3000 km avec !

Gourde à eau

Choisissez la bonne gourde !
Nous n'avons aucun partenariat avec cette marque ou d'autres

Les gourdes Zefal existent depuis des années et ont fait leurs preuves.
Légères, isothermes et en Polypropylène (sans BPA), l'eau n'a pas de goût et reste fraîche plus longtemps (modèle Artica).
De plus, sa large ouverture facilite le remplissage (et le nettoyage par rapport aux gourdes avec de petites ouvertures), on peut boire en marchant (tétine) ou boire comme si c'était un verre en dévissant le large bouchon.
On l'a testée et adoptée, donc on vous la conseille ! (Nous n'avons aucun partenariat avec cette marque)

Cliquez sur la photo pour en savoir davantage


Il exite une version Pro (la différence se situe au niveau de la "tétine").